Didier Brierre, pouvons-nous revenir quelque années en arrière afin que vous nous expliquiez l'historique qui lie Vygon à Lawson M3 (ex Movex) d'une part, et à Elcimaï d'autre part?
Vygon, qui est, je vous le rappelle, spécialiste des produits médicaux-chirurgicaux à usage unique, est sous Movex depuis 1998. Toute la Supply Chain est gérée par cet ERP, des approvisionnements jusqu'à la fabrication, en passant par la gestion commerciale, les achats, les finances, etc... Seule la gestion d'entrepôt est conduite par le WMS Reflex.
Pour ce qui concerne ELCIMAÏ, nous avions confié la construction d'un nouvel entrepôt à OUROUMOFF INGENIERIE en 2000. Cet entrepôt intégrait la gestion des process et des flux, il fallait donc trouver un logiciel adapté à cette gestion, d'où le choix de Reflex d'Hardis. OUROUMOFF était à ce moment-là en cours d'intégration dans le groupe ELCIMAÏ, spécialisé dans l'ingénierie informatique. Et c’est donc naturellement que nous avons sollicité ELCIMAÏ pour la mise en place de ce logiciel. Ensuite, nous avons progressivement externalisé nos services informatiques au sein d'ELCIMAÏ. Aujourd'hui ELCIMAÏ peut être véritablement considéré comme notre service informatique. Le groupe accompagne également nos services projets et nos services d'exploitation.
Quel était l'enjeu de cette migration de V9 à V12?
Vygon devait se doter d'un système d'information lui permettant d'accompagner la croissance interne et externe du groupe sur 10 ans, autrement dit la possibilité d'intégrer des structures différentes sans que cela puisse avoir des conséquences sur son propre système. Passer de la V9 à la V12 s'imposait donc, impliquant un profond changement de technologie, s'appuyant sur un logiciel plus performant (c'est maintenant du JAVA avec possibilité de se connecter à partir d'Internet Explorer), et pérenne dans le temps. Pour bien comprendre, il faut avoir en tête le schéma de l'organisation Vygon: nos usines fabriquent des composants et des produits finis. Les composants sont revendus aux autres usines du groupe, les produits finis sont vendus au siège qui les stérilise avant de les revendre aux 25 filiales, dont une filiale Export et une filiale France, basées au siège. Compte-tenu des flux inter-sites, la planification de la fabrication est centralisée. Un M.R.P. calculant les besoins du groupe est éxécuté chaque fin de semaine afin de fournir aux usines des propositions de fabrication et d'approvisionnements. En résumé, la conversion V9/V12 devait se faire en même temps pour les 3 usines françaises, le siège, les filiales Export et France, et ce pour 200 utilisateurs.
Compte-tenu de tous ces éléments, quelles étaient les contraintes qui s'imposaient à l'équipe d'ELCIMAÏ?
Il ne fallait pas toucher l'organisation, et perturber le moins possible la marche et le bon fonctionnement de l'entreprise, ce qui a eu pour conséquence de devoir faire appel à des consultants externes au lieu de s'appuyer sur un trop grand nombre d'utilisateurs finaux. Seuls 5 ou 6 collaborateurs internes ont été impliqués pour vérifier la cohérence entre l'organisation et les modules V12. Le groupe projet a été finalement constitué d'une vingtaine de personnes au total, dont la moitié de collaborateurs d'ELCIMAÏ.
Concrètement, comment s'est passée la migration?
Il y a eu un démarrage unique pour tous les sites en même temps. Chaque module V12 a, bien sûr, été maintes fois testé individuellement. Cependant, nous avons procédé à deux démarrages à blanc, pendant 4 jours, en novembre et décembre 2006, permettant de nous ajuster. Et le grand saut a eu lieu en février 2007. Mais il nous a fallu pratiquement une période de 6 mois pour stabiliser les process et roder les procédures.
Et aujourd'hui, le rythme de croisière est-il atteint?
Aujourd'hui, en effet, nous sommes en rythme de croisière même s'il y a encore quelques imperfections, par exemple avec des applications périphériques qui deviennent obsolètes au regard de V12. Nous savions que ce délai d'adaptation d'un an serait nécessaire. D'une part, parce que tout changement de technologie implique une perte de repères et engendre une baisse de productivité comparée à la productivité accumulée au cours des années V9. D'autre part, parce que durant la première année on finit de traiter les problèmes délibérément mis de côté durant le projet. Enfin, parce que l'ajustement des interfaces Lawson M3 (exMovex)/Reflex requiert un peu de tunning.