Recyclage et valorisation des matériaux composites : Elcimaï Environnement chargé d’une étude pour la Charente-Maritime et ses départements limitrophes

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Qu’ils soient thermodurcissables ou thermoformables, qu’il s’agisse de fibres de verre ou de fibres naturelles, de polyester ou d’époxy, les matériaux composites sont complexes à recycler. Ils concernent pourtant une grande variété d’activités et sont de plus en plus conséquents et hétérogènes.

Bien que l’APER (Association pour la Plaisance Éco-Responsable), l’Institut de la Plasturgie et des Composites et l’Ademe réalisent actuellement une étude nationale destinée à actualiser le guide du CRECOF (Comité de Recyclages Composites France) de 2017 sur le recyclage des composites, la filière peine à exister.

La Communauté d’agglomération de Rochefort Océan, qui a signé un Contrat de Transition Écologique avec l’État dont le fil rouge est l’économie circulaire, y voit pourtant un enjeu majeur pour son territoire. À l’échelle locale, le recyclage et la valorisation des matériaux composites n’ont à ce jour pas de filières de recyclage.

Elle a donc chargé Elcimaï Environnement d’établir un état des lieux économique, qualitatif, quantitatif et géographique de la production et de la gestion des matériaux composites verrepolyester et verre-époxy sur le territoire de la Charente-Maritime et de ses départements limitrophes (Vendée, Deux-Sèvres, Charente et Gironde).

Le bureau d’études spécialisé dans l’économie circulaire et la transition écologique a commencé par auditer une vingtaine d’acteurs de l’aéronautique, de l’éolien, du nautisme, de l’hôtellerie de plein air et du ferroviaire, ainsi que des acteurs de la collecte et du traitement des déchets, enfin du monde du composite. Il s’agissait d’appréhender la phase de production du déchet mais aussi la logistique en place pour sa collecte et son traitement.

Concernant les gisements, il en ressort que les filières éoliennes et nautiques ont le plus de potentiel – avec des gisements mobilisables identifiés pour les années à venir. Les fibres de verre ont une faible valeur économique ; par comparaison la fibre de carbone a une valeur environ dix fois supérieure. Des durées de vie longues sont relevées (de 10 à 30 ans selon les typologies).

Pour les déchets de production du territoire, la collecte des déchets composites est majoritairement effectuée en mélange avec les DAE (déchets d’activité économique). Pour ce qui concerne la fin de vie, les filières de déconstruction sont en place pour le nautisme ; le démantèlement d’éoliennes devrait émerger dans les années à venir (obligation réglementaire).

Concernant le traitement, les filières empruntées par ces déchets composites sont pour partie des filières de type CSR (combustible solide de récupération) utilisées pour produire de l’énergie. Ils sont aussi stockés ou incinérés.

Dans le cadre de son étude et à ce stade, Elcimaï Environnement a par ailleurs mis en avant plusieurs voies à développer. D’abord celle de l’éco-conception, passant par la réduction des usages des matériaux non valorisables et des ressources non renouvelables, au profit de la réparabilité et de la recyclabilité des matériaux en fin de vie. Également la voie du réemploi et de la réutilisation, en favorisant le marché de l’occasion, la revente de pièces (pales d’éoliennes…), le détournement des fonctions (mobiliers urbains…). Les procédés mécaniques seront probablement prépondérants pour les composites à base de fibres de verre.

Si la filière n’existe pas encore en France, il s’agirait, notamment pour les fibres de verre, de procéder à des broyages et à des tamisage successifs pour séparer les fibres des résidus. Les procédés thermiques constituent enfin une voie à explorer, grâce à la pyrolise, particulièrement adaptée aux fibres de carbone, ainsi que les procédés chimiques (la solvolyse) qui n’en sont encore qu’au stade de la R&D.

Publié le

11/10/2021

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